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Materiaux textuels de soundjata
Les études sur le barde et l’épopée en Afrique noire ont été considérablement entravées par les nombreux a priori des chercheurs occidentaux. Il nous faut reconnaître d’emblée que le genre épique a été défini à partir de modèles non seulement classiques mais, surtout, écrits et que le lien étroit existant entre les termes « épique » et « homérique » a aveuglé le regard de nombreux chercheurs en sciences sociales. En effet, ces derniers affirmaient que l’Afrique ne connaissait pas l’épopée, à commencer par le doyen de l’anthropologie américaine, Henry Louis Morgan (1877) et en continuant avec H. Munro Chadwick, philologue et historien anglais, fondateur du département d’Archéologie et d’Anthropologie à l’université de Cambridge (1912, 1932-1940). Sir Cecil M. Bowra, classiciste, se fait l’écho de nombreux de ses prédécesseurs et collègues : « Les tribus africaines n’ont ni épopées ni récits héroïques. Le présent absorbe et préoccupe tellement les Africains qu’ils n’éprouvent pas le besoin de se remémorer leur passé ou de se projeter dans l’imaginaire [...] l’épopée répond au désir de l’homme de proclamer sa puissance et de montrer ce dont il est capable [...] cette glorification de l’individu implique qu’il se libère [...] de sa condition primitive où il ne compte pour rien et où le groupe social est tout [...]. » (1952).
Ces œuvres, qui ont été rééditées à plusieurs reprises, ont largement marqué le développement des études littéraires et ethnographiques de la première moitié du vingtième siècle, période cruciale de la période coloniale, période également cruciale pour l’émergence et l’évolution de l’étude des sociétés dites « primitives »… Vous aimez cette page ? Partagez-la !
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