|
Aide-Afrique.com Aide solidaire et gratuite pour l'Afrique francophone |
|
| Aide-Afrique.com > Education |
ENDOCRINE SOCIETY EMERITUS MEMBERSHIP
CHAPITRE II : ETUDE DE NOS CAS
I- METHODES ET MATERIELS A- METHODES Nous avons considéré comme hypothyroïdiens les sujets présentant: - soit un tableau clinique patent (stade I de BASTENIE) sans les autres critères paracliniques qu'il n'a pas été possible d'obtenir : 1 cas ; - soit des signes cliniques associés à un ou plusieurs signes paracliniques (courbe de fixation, cholestérolémie, réflexogramme achilléen, électrocardiogramme) compatibles avec le diagnostic d'hypothyroïdie : 11 cas ; - soit un tableau clinique et paraclinique associant aux éléments ci-dessus des signes d'hypohormonémie (iodémie hormonale, iodémie thyroxinienne, triiodothyronine sérique, thyroxinémie, index de thyroxine libre sérique) : 12 cas. Les critères du diagnostic topographique d'hypothyroïdie périphérique ont été les suivants: 1- une évidence clinique basée sur : a - soit un myxoedème patent associé à une absence de corps thyroïde palpable : 11 cas, b - soit devant une thyroïdectomie ou un goitre : 8 cas. 2- une certitude paraclinique fondée sur une thyréostimulinémie élevée ou un test de Quérido négatif : 5 cas. En résumé : le diagnostic d'hypothyroïdie a été retenu : - soit sur des critères cliniques et hormonologiques : 12 cas ; - soit sur des critères cliniques isotopiques et électrocardiographiques : 11 cas ; - soit sur la base de la seule clinique. Le diagnostic topographique d'hypothyroïdie périphérique se fonde sur la clinique dans 19 cas et sur la paraclinique dans 5 cas. B- MATERIEL Sur les bases ci-dessus, notre étude rétrospective a porté sur 24 cas d'hypothyroïdie périphérique de l'adulte observés de janvier 1969 à juin 1983, d'une part dans les services de Médecine Interne de l'Hôpital A. Le Dantec et de l'Hôpital Principal et d'autre part au Centre du diabète de Dakar comme le montre le tableau nXXXI. L'Hôpital A. Le Dantec a reçu dans 2 pavillons de Médecine Interne 20.780 malades dont 9.306 femmes et 11.474 hommes de janvier 1969 à juin 1983. Nous y avons colligé 4 cas d'insuffisance thyroïdienne périphérique et 19 cas d'hypothyroïdie centrale. Tableau nXXXI : Répartition et Prévalence de l'hypothyroïdie dans 3 hôpitaux de Dakar Hôpitaux Durée d'ob-servation Nombre d'hos-pitalisations Hypothyroïdies périphériques Hypothyroïdies centrales Nombre de cas Prévalence % Nombre de cas Prévalence % A. Le Dantec 4,5 années 20.780 4 0,02% 19 0,09% Principal 8 années 22.776 7 0,03% 6 0,02% Centre du Diabète 3,75 années 2.218 13 0,58% 12 0,54% Les 3 hôpitaux 4,5 années 45.774 24 0,05% 37 0,08% A l'Hôpital Principal, de janvier 1975 à décembre 1982, soit en 96 mois, 22.776 malades ont été admis dont 7 cas d'insuffisance thyroïdienne périphérique. Notons qu'un nombre à peu près égal d'hypothyroïdie d'origine centrale (6) y a été admis. L'Hôpital Abass NDAO, à ses consultations de Médecine Interne à prédominance diabétologique, endocrinologique et gastroentérologique, a reçu d'août 1979 à juin 1983, soit en 36 mois, 2.218 malades. Nous avons observé parmi eux, 13 cas d'insuffisance thyroïdienne primaire (dont 3 chez des diabétiques). ici aussi, nous avons observé un nombre à peu près égal de cas (12) d'hypothyroïdie centrale. II - PRESENTATION DES 24 CAS Les observations numérotées de 1 à 7 viennent de l'Hôpital Principal ; celles numérotées de 8 à 20 de l'Hôpital Abass NDAO et les 4 dernières (de 20 à 24) proviennent de l'Hôpital A. Le Dantec. OBSERVATION N 1 Madame Na Al., sage-femme de 38 ans ayant subi une lobectomie pour adénokyste thyroïdien à l'âge de 26 ans, consulte pour asthénie persistante. L'asthénie remontait à six mois auparavant ; elle est à type de fatigue permanente d'évolution persistante. Outre cette fatigue, il existe un amaigrissement de 2 kg réduisant à peine une obésité de 86 kg, installée à la suite de 3 grossesses successives et d'une corticothérapie prescrite pour des raisons indéterminées. Dans les antécédents existaient la notion de trois macrosomies foetales et celle d'un père diabétique obèse. L'examen clinique retrouvait une obésité faciotronculaire importante avec "infiltration hydrolipopexique" de l'abdomen et des cuisses et des bourrelets thoraciques mais sans vergetures; la pression artérielle était à 14/8 et le pouls à 80 battements par minute ; enfin le reste de l'examen était strictement normal. Les examens complémentaires révèlent : - une courbe de fixation normale mais avec un taux maximal tardif (35% à la 48ème heure); - à la scintigraphie thyroïdienne un seul lobe gauche actif ; - un métabolisme basal diminué à moins de 23% ; - une hypercholestérolémie à 3,2 g/l avec cholestérol estérifié à 2,1 g/l ; - un microvoltage diffus à l'électrocardiogramme ; - des 17 cétostéroïdes à 8,4 mg/24 heures ; - une numération formule sanguine normale ; - une uricémie normale à 49 mg/l ; - et une glycémie normale à 0,80 g/l. Au total : hypothyroïdie primaire fruste, probable après lobectomie droite pour adénokyste thyroïdien. Traitement reçu : Extraits thyroïdiens : 10 cg par jour. OBSERVATION N 2 Monsieur Pa. A. Fa., 61 ans, ayant subi une radiothérapie cervicale en 1980 pour épithélioma de l'amygdale était hospitalisé deux ans après pour "mauvais état général". L'interrogatoire était pauvre mais retrouvait une notion d'angor d'effort en 1981, traité aux dérivés nitrés retard et une constipation chronique réalisant un fécalome et s'accompagnant de douleurs abdominales diffuses vagues. L'examen était normal et montrait une température à 366, un poids à 54 kg, une pression artérielle à 14/9 et un pouls à 74 battements par minute ; le corps thyroïde n'était pas palpable. Les examens paracliniques retrouvent : - une courbe d'hypofixation nette de l'iode 131 n'excédant pas 11 M durant les 48 heures ; - une image homogène d'une thyroïde normale mais fixant peu l'iode 131 à la scintigraphie ; - une iodémie hormonale à 2,4 g pour 100 ml (normale entre 3,5 et 7); - un réflexogramme achilléen normal à 280 millisecondes ; - une uricémie élevée à 104 mg/l . Le reste du bilan est normal : cholestérolémie à 1,11 g/l, triglycéridémie à 0,59 g/l, coritolémie à 12,7 g/ 100 ml et une glycémie à jeun à 0,93 g/l. Au total : 1. Hypothyroïdie primaire après radiothérapie cervicale pour épithélioma de l'amygdale opérée ; 2. Angor d'effort déjà connue et bien contrôlé par les dérivés nitrés ; 3. Hyperuricémie asymptomatique. Traitement reçu : - Hydrocortisone 20 mg/j puis à dose dégressive en 6 jours ; - Extraits thyroïdiens de 5 cg : 1/2 cp par jour pendant 7 jours puis 1 cp par jour pendant la 2ème semaine et enfin 2 cp/jour,; - Sotalol : 80 mg par jour. Evolution Malade perdu de vue après sa sortie d'hôpital. Au total : 1- Hypothyroïdie périphérique après radiothérapie cervicale pour épithélioma de l'amygdale opéré ; 2- Angor d'effort ancien, traité aux dérivés nitrés ; 3- Hyperuricémie asymptomatique. Traitement reçu : - Hydrocartisone 20 mg par jours puis à dose dégressive en 8 jours ; - puis Extraits thyroïdiens 45 cg : 1/2 comprimé par jours pendant 7 jours puis 1 comprimé par jour pendant la 2ème semaine; enfin, 2 comprimés par jour puis relais par thyroxine X gouttes par jour ; - Sotalol 80 mg par jour. L'évolution : Malgré une prise de poids, l'évolution était marquée par un équilibre relatif et une triglycéridémie à 0,59 g/l. En outre, elle s'était compliquée d'une pneumonie franche lobaire inférieure droite aiguë résolutive sous pénicillinothérapie. OBSERVATION N 3 Monsieur Ma. Bo., 59 ans, sonrhaï, médecin, originaire de Tombouctou, est hospitalisé pour "polyalgies". L'anamnèse retrouve un "mal partout" associant cervicalgies, lombalgies, scapulalgies et gonalgies permanentes mais surtout nocturnes sans dérouillage matinal. Il s'y ajoute des acroparesthésies du membre supérieur droit. En outre, il existait une constipation chronique, une hypoacousie, un ralentissement des facultés intellectuelles avec diminution de la mémoire et lassitude. Les antécédents ne montrent rien de particulier, en dehors d'une notion de discret goitre à l'âge de 12 ans, ayant disparu progressivement. L'examen somatique retrouvait une obésité à 102 kg, de type boudhique avec faciès en poire, parotidose bilatérale et tablier sous mentonnier ; les seins on un aspect de mamelles et le visage était figé ; la pression artérielle était à 15/10 et le pouls à 60 battements par minute. Le corps thyroïde n'était pas palpable. Le reste de l'examen était négatif en dehors d'une gêne des mouvements par l'obésité. Les examens complémentaires révélaient : - une courbe de fixation basse inférieure à 7% de la 3ème à la 24ème heure ; - à la scintigraphie, une discrète activité au niveau de la glande thyroïde ; - un métabolisme basal diminué à moins de 19% ; - un tracé électrocardiographique bas volté ; - et une cholestérolémie normale à 1,76 g/l. Le reste du bilan montrait une hyperuricémie à 160 mg/l, une accélération de la vitesse de sédimentation et un hémogramme normal. Au total 1- Hypothyroïdie périphérique probablement d'origine atrophique autoimmune. 2- Goutte polyarticulaire chronique. Traitement reçu : Extraits thyroïdiens : 5 cg par jour Régime sans sel. Evolution : malade perdu de vue après son exeat. OBSERVATION N 4 Madame Bi. MB. âgée de 64 ans était hospitalisée en janvier 1982 pour défaillance cardiaque globale aiguë et des épigastralgies de survenue brutale. Elle a été hospitalisée déjà à 2 reprises : - La première fois en juillet 1980 pour infarctus antéroseptal du myocarde à expression douloureuse épigastrique, confirmé sur le plan biologique et électrique. Cet infarctus était survenu sur un terrain d'obésité, d'hypertension artérielle à 17/12 et d'hypercholestérolémie à 2,95 g/l ; il existait une constipation et le bilan radiologique montrait des bezoards gastriques. En cours d'hospitalisation, était apparue une insuffisance cardiaque globale d'abord induite par des bétabloquants, puis récidivante et résolutive sous digitaliques. - La deuxième hospitalisation en novembre 1981 était motivée par des gingivorragies sous anticoagulants ; il existait toujours une hypertension artérielle à 15/10, un pouls à 88 battements par minute ; l'auscultation cardiaque montrait un souffle systolique d'insuffisance mitrale fonctionnelle; il existait à la radiographie une cardiomégalie globale et l'électrocardiogramme confirmait la nécrose, antéroseptale séquellaire et un aspect récent de lésion sous-endocardique antéroseptale associée à un microvoltage diffus, un aplatissement diffus et concordant de l'onde T et un hémibloc antérieur gauche. Les taux de créatinine phosphokinases et de lacticodéshydrogénases étaient modérément élevés et les transaminases (SGOT) normaux. L'observation d'un taux d'iodémie hormonale à 0,3 g/ 100 ml n'a pas modifié l'attitude thérapeutique et en janvier 1982, la malade était réhospitalisée à nouveau pour nouvelle poussée d'insuffisance cardiaque et récidive d'infarctus myocardique confirmé par l'électrocardiogramme. Un bilan plus complet confirmait l'hypothyroïdie : - iodémie hormonale toujours basse à 0,1g/ 100 ml ; - réflexogramme achilléen allongé à 420 m.s. ; - cholestérolémie à 2,99 g/l ; - triglycéridémie à 3,09 g/l. Par ailleurs, le bilan montrait : - une uricémie à 79 mg/l ; - un taux de protides totaux à 88 g/l dont 33,3% de gammaglobulines ; - et une numération formule sanguine normale. La tentative d'une hormonothérapie substitutive entraînait une aggravation de la défaillance cardiaque et de l'insuffisance coronarienne. L'expectative sur le plan thyroïdien s'est imposée et la malade exeatée après une amélioration sous digitalo-diurétique et dérivés nitrés. Evolution : perdue de vue après l'hospitalisation. OBSERVATION N 5 Madame So. ND., lébou de 24 ans, était admise pour prise de poids, hypertension artérielle et hirsutisme. Après un second accouchement est apparue une prise de poids progressive non chiffrée, accompagnée d'un accroissement de l'appétit. a cette prise de poids s'ajoutent des palpitations et une dyspnée d'effort sans limitation du périmètre de marche. De plus, coïncidant avec le retour des couches, apparaissent une raucité de la voix, une hypertrichose avec poussée de poids au menton et à la poitrine, une modification du caractère marquée par une irritabilité et enfin une exacerbation de la libido. Par ailleurs, il existe un tabagisme récent. L'examen clinique retrouve une somnolence diurne, un faciès bouffi, une obésité diffuse de 90 kg. La pression artérielle et labile et varie entre 13/7 et 16/12 ; il existe une bradycardie à 58 battements par minute ; une hyperpilosité siège à la poitrine, à l'abdomen et au menton avec un fin duvet sur la lèvre supérieure, la pilosité pubienne est touffue et triangulaire. Les examens complémentaires révèlent : - une courbe de fixation thyroïdienne abaissée inférieure à 5 % de la 3ème à la 48ème heure. Cette hypofixation persiste après stimulation (taux inférieur à 19 % de la 3ème à 24ème heure) ; - à la scintigraphie, une thyroïde à activité discrète ; après stimulation par T.S.H., l'image restait celle d'une petite glande thyroïde peu contrastée homogène ; - une cholestérolémie à 2,26 g/l avec triglycéridémie à 1 g/l ; - un tracé électrocardiographique bas volte montrant une bradycardie sinusale régulière à 60 battements par minute ; - une anémie à 4,5 g/100 ml avec 3.300.000 globules rouges / mm3 ; - des 17 cétostéroïdes urinaires à 14,5 mg/24 heures et des 17 hydroxystéroïdes urinaires à 4,5 mg/24; - une protidémie à 70 mg/l sans dysglobulinémie, par ailleurs présence d'oeufs de taenia saginata dans les selles. Au total : - hypothyroïdie primaire patente probablement d'origine atrophique autoimmune ; - Taeniasis. Traitement reçu : - Thyroxine XII gouttes par jour. - Tredemine une cure - Sorbifer. Evolution : malade perdue de vue après l'hospitalisation. OBSERVATION N 6 Madame D. S. D., 80 ans était hospitalisée pendant 10 jours pour dyspnée asthmatiforme avec recrudescence nocturne sans aucun antécédent particulier. L'examen retrouve un poids à 71 kg, une pression artérielle à 13/7, une température à 365, un pouls à 103/mn. Il existe des râles bronchiques et des sibilants diffus aux deux champs pulmonaires ; les bruits du coeur étaient réguliers et assourdis ; l'hypochondre droit était douloureux avec foie cardiaque et oedème des membres inférieurs. En outre, il existe un goitre multinodulaire sans caractère vasculaire et des caries dentaires multiples. Le bilan révélait : - une iodémie hormonale à 1,9 g/100 ml ; - une réflexogramme achilléen à 320 ms ; - une cholestérolémie à 2,62 g/l avec une triglycéridémie à 1,56 g/l ; - une cardiomégalie et un oedème pulmonaire intestinal ; - un hémibloc antérieur gauche, un bloc de branche droit incomplet, une tachycardie sinusale régulière à 100 battements par minute et un discret bas voltage diffus à l'électrocardiogramme ; - une protidémie totale à 72 g/l avec l'électrophorèse, une albuminémie à 55% des alpha 1 à 2,5%, alpha 2 à 9,2% ; bêta à 14,8% et des gammaglobulines à 17,8%; - une uricémie à 68 mg/l et une glycémie à jeun à 1,26 g/l. Mis sous furosémie comprimé et chlorure de potassium l comprimés de 1 g par jour, l'évolution a été favorable, puis la malade perdue de vue. Au total : Hypothyroïdie inapparente sévère due à un goitre multinodulaire et crise d'asthme compliquée d'une insuffisance cardiaque globale. OBSERVATION N 7 Madame Fa. Le. 48 ans, était admise pour goitre. Le goitre remontait à quinze ans, augmentant progressivement de volume. Il existait une frilosité, une dyspnée d'effort sans limitation du périmètre de marche et enfin des gonalgies de type mécanique. Le reste de l'interrogatoire ne révélait rien de particulier. Dans les antécédents, existait une notion de thyroïdectomie pour goitre, 10 ans auparavant chez cette femme multipare. L'examen retrouvait un corps thyroïde hypertrophique ferme multinodulaire non vasculaire sans caractère inflammatoire, ni adénopathie satellite. Il n'existait pas d'autre signes particuliers. Les examens complémentaires montraient : - un réflexogramme à 400 ms ; - un goitre plurinodulaire hétérofixant à la scintigraphie à l'iode 131 ; - un index cardiothoracique très augmenté et une déviation trachéale droite à la radiographie ; - une cholestérolémie à 2 g/l ; - une triglycéridémie à 1,4 g/l ; - un hémogramme normal ; - et une vitesse de sédimentation normale. Au total : Goitre multinodulaire récidivant après thyroïdectomie et compliqué d'une hypothyroïdie fruste et d'une déviation trachéale droite latente. Traitement et évolution L'ablation chirurgicale et le traitement substitutif étaient envisagés chez cette malade. OBSERVATION N 8 Monsieur M. D., 21 ans, cultivateur originaire de Joal, était adressé pour hypothyroïdie et hypoparathyroïdie après thyroïdectomie. A l'occasion d'une hyperthyroïdie et après préparation au assène, au propanonol et au Tranxène durant quatre semaine, une thyroïdectomie subtotale était effectuée avec conservation de 2 lames postérieures. Deux mois après, survenait une crise épileptiforme sans signe électroencéphalographique mais traitée au barbiturique bien que s'accompagnant d'une main d'accoucheur. Trois mois après cette crise, s'installaient une asthénie intense, une infiltration cutanée diffuse mais prédominant à la face et une prise de poids de 10 kg ; la voix était devenue rauque et il existait une frilosité, une lenteur de l'évolution, une hypoacousie et une discrète constipation faite d'une selle ou les 2 à 3 jours. Dans les antécédents, il n'existait pas de notion de dysthyroïdie familiale. A l'examen, le poids est à 71,600 kg pour 1,69 m, la pression artérielle à 13/9 et le pouls à 60 battements par minute ; il existait une discrète infiltration diffuse prédominant aux paupières et une cicatrice cervicale antérieure de thyroïdectomie. Enfin, il existait un signe de CHVOSTECK alors que les réflexes ostéotendineux des membres inférieurs étaient abolis. Les examens complémentaires montrent : - un réflexogramme achilléen irréalisable ; - un métabolisme vasal diminué de 30% ; - une cholestérolémie à 2,6 g/l ; - une cardiomégalie discrète ; - à l'électrocardiogramme, une bradycardie sinusale à 60 battements par minute avec microvoltage diffus et sans troubles de la repolarisation à 2,94 g/ 24 heures ; - une magnésémie à 50 mg/l. Au total : Hypothyroïdie modérée et hypoparathyroïdie post-opératoires à l'occasion d'une hyperthyroïdie. Traitement : Extraits thyroïdiens cg : comprimé par jour durant jours puis comprimés par jour. Calcibronat : comprimé matin et soir. Evolution après 3 mois de traitement. 1- Discrètes manifestations de surdosage à type de sensation de chaleur, palpitations, instabilité caractérielle. 2 selles pâteuses par jour, insomnie, perte de 1,5 kg, pouls à 72, cholestérolémie à 1,52 g/l d'où réduction des doses à 7,5 cg d'Extraits thyroïdiens. 2- plus de crise de tétanie. Après 18 mois, l'hypothyroïdie reste mal équilibrée du fait d'un traitement irrégulier et probablement insuffisant comme en témoignent un pouls à 60 pulsations par minute, un poids à 72g. OBSERVATION N9 Madame Ou. MB., lébou de 45 ans, a subi une thyroïdectomie subtotale pour goitre hyperthyroïdien. 6 mois après, elle présente une discrète asthénie physique, une frilosité et une constipation faite d'une selle tous les 2 jours. Il s'y ajoutait une raucité progressive de la voix et une dyspnée sans atteinte récurrentielle à l'examen otorhinolaryngologique. Dans les antécédents, on notait une multiparité avec notion de macrosomie foetale, un poids maximum de 100 kg et l'absence de diabète ou de dysthyroïdie familiale. L'examen retrouvait un poids actuel de 84 kg pour 1,67 m, un pouls à 60 battements par minute et une pression artérielle à 15/10. Le visage est discrètement bouffi. Enfin, il existait une cicatrice de cervicotomie antérieure sans corps thyroïde palpable. Les examens complémentaires montraient : - un index de thyroxine libre de 1,14 (N entre 0,9 et 1,2) ; - une thyroxinémie à 4,03 g/100 ml (N entre 5,1 et 9,4) ; - au télécoeur une cardiomégalie en théière ; - à l'électrocardiogramme une bradycardie sinusale régulière de 60 battements par minute, sans autre anomalie ; - une calcémie à 100 mg/l. En résumé : Hypothyroïdie fruste après thyroïdectomie subtotale. Evolution et traitement : Sous-extraits thyroïdiens à doses progressives, jusqu'à 15 cg puis thyroxine : 1,5 mg par jour, l'évolution était marquée 18 mois après par : - un mauvais équilibre de l'hypothyroïdie caractérisé par un pouls à 60 pulsations par minute ; - l'apparition d'un diabète sucré pléthorique caractérisé par une polyurie nocturne, une obésité à 91 kg et une glycémie post prandiale à 2,25 g/l alors qu'à jeun, elle était de 0,95 g/l. Ce diabète est équilibré par le régime seul. Au total : 1- Hypothyroïdie fruste après thyroïdectomie subtotale pour hyperthyroïdie. 2- Diabète sucré pléthorique révélé sous hormonothérapie. OBSERVATION N 10 Madame Ke. Ba, 50 ans, Toucouleur, ménagère, habitant Thiaroye, était adressée pour algies diffuses, baisse de l'acuité visuelle, vertiges, frilosité et alopécie. Depuis une dizaine d'années, des douleurs abdominales étaient apparues progressivement, siégeant à la fosse iliaque gauche à type de pesanteur irradiant le long du cadre colique, s'accompagnant d'une constipation chronique, opiniâtre durant une dizaine de jours. Il s'y ajoutait une frilosité d'installation insidieuse associée à une asthénie intense et un engourdissement des jambes. En outre, il existait des sensations de perte de l'équilibre très intenses ayant occasionné des chutes et même une fracture de la jambe droite actuellement consolidée. Ces sensations encore persistantes s'accompagnaient de flou visuel et d'hypoacousie. Enfin, depuis deux ans, une chute pilaire progressive est apparue atteignant le pubis, les aisselles et le pourtour du cuir chevelu. Les antécédents révélaient trois hospitalisations pour les motifs précédents, un avortement suivi d'une stérilité secondaire et d'une polyménorrhée ; il n'y a pas de maladie familiale connue. L'examen clinique retrouvait un poids normal (68 kg pour 1,68 m), une pression artérielle de 14/9, une température à 367, le pouls ralenti à 54 battements par minute. La voix est rauque mais il n'y pas de macroglossie. Le visage était bouffi surtout aux paupières ; la peau sèche, écailleuse ; les muqueuses étaient pâles ; les poils sourcilières étaient absents et s'accompagne d'une alopécie pubo-axillaire et temporooccipitale et frontale en turban ; il s'y associe des caries dentaires multiples. Le corps thyroïde n'est pas palpable ; les bruits du coeur sont assourdis ; les masses musculaires sont douloureuses à la pression et les réflexes ostéotendineux faibles. Enfin, il existe des pertes blanches fétides au toucher vaginal. Les examens complémentaires montrent : - une courbe de fixation à l'iode 131 nettement abaissée avec 6% à la 2ème heure, 4% à la 6ème heure, 2% à la 24ème heure, 0,8% à la 36ème heure ; - une scintigraphie irréalisable du fait du taux de fixation trop bas ; - une électrocardiogramme qui confirme la bradycardie à 60 battements par minute sinusale régulière, un bas voltage diffus et une onde T négative et asymétrique ; - une hémoglobinémie à 9 g/100 ml avec des globules rouges à 3 millions par mm3, un hématocrite à 11/79 ; - une vitesse de sédimentation accélérée à 11/79 ; - une selle turcique normale à la radiographie. Au total : Hypothyroïdie myxoedémateuse périménopausique primitive probablement autoimmune, atrophique, marquée par une myopathie nerveuse, une polynévrite sensitivo-hyporéflexive. Traitement reçu : Extraits thyroïdiens 1/2 comprimés 5 cg augmenté progressivement jusqu'à 15 cg en deux mois. L'évolution favorable dans l'immédiat est marqué 20 mois après par une irrégularité thérapeutique et un mauvais équilibre de l'hypothyroïdie objectivée par une constipation modérée et une bradycardie à 60 battements par minute. OBSERVATION N 11 Monsieur E. H. ND., 57 ans, ex-manoeuvre est adressé par le service de psychiatrie où il a été amené pour indifférence et apathie évoluant depuis deux ans, accompagnées d'une constipation chronique opiniâtre et d'une frilosité. Les antécédents sont sans particularité. A l'examen somatique, le déshabillage est lent, le faciès figé, la réponse aux questions se fait avec retard et brièvement avec une voix rauque ; il existe une hypoacousie ; la température est à 364, le pouls à 60 battements par minute et la pression artérielle à 9,5/7 ; le corps thyroïde est atrophique ; la peau sèche, écailleuse et froide ; les sourcils quasi-absents de même que les poils pubiens et axillaires. Il n'y a pas de macroglossie ; le choc de pointe n'est pas palpable et les bruits du coeurs sont assourdis. Enfin, les réflexes ostéotendineux des membres inférieurs sont abolis. Les examens complémentaires retrouvaient : - une thyroxinémie indétectable ; - une iodémie thyroxinienne indétectable ; - un taux de thyroxine binding globulin à 40,0 g/l ; - une cholestérolémie à 2,95 g/l ; - un microvoltage diffus et un aplatissement diffus et concordant de l'onde T qui, en outre, est inversé en V1, V2, V3 mais asymétrique à l'électrocardiogramme ; - une cardiomégalie discrète à la radiographie du coeur ; - des 17 cétostéroïdes urinaires abaissés à 0,95 mg/24 h ; - des 17 hydroxystéroïdes urinaires à 0,55 mg/24 h ; - une glycémie à jeun à 0,70 g/l ; - une vitesse de sédimentation accélérée à 13/97 ; - des protides totaux à 71 g/l avec l'électrophorèse albumine : 7% alpha 1 globuline 2,1%, alpha 2,7%, bêta 11,6% et gamma globuline à 32,3%. Au total : Hypothyroïdie myxoedémateuse périphérique probablement autoimmune atrophique. Traitement : - Hydrocortisone 20 mg par jour pendant 6 mois. - Extraits thyroïdiens comprimés de 5 cg à la dose de 12,5 cg atteinte progressivement en 3 mois. Evolution marquée par : Une amélioration clinique caractérisée par : - une baisse du poids de 16 kg ; - un pouls normal et régulier à 80 battements par minute ; - un retour à une vie relationnelle normale. Sur le plan paraclinique par un réflexogramme achilléen à 320 ms. Malheureusement, cette évolution est entrecoupée de période de rechute en rapport avec l'irrégularité du traitement à partir de la deuxième année. OBSERVATION N 12 Mme K. D. D., 39 ans, Toucouleur, ex-employée de banque, consulte pour "mésentente avec son mari" et douleur abdominale. Le début de la maladie remonterait à 8 ans environ, marqué par l'apparition de douleur périombilicale à type de pesanteur, s'accompagnant de constipation chronique. Ces douleurs qui ont motivé plusieurs consultations sans résultats, s'accompagnent d'une fatigue extrême confinant au lit, d'une frilosité importante et de crampes musculaires. Il s'y ajoute un total désintéressement à la vie associé à des périodes d'irritabilité surtout à l'égard de ses enfants, et de son mari. Récemment, une lourdeur des paupières est apparue, suivie d'une infiltration des membres inférieurs prédominant aux pieds et ayant motivé un régime sans sel. Enfin, la voix est devenue rauque et il existe des douleurs thoraciques gauches sous mamelonnaires à type de piqûre intermittente sans caractère angineux typique et des céphalées tenaces frontales, sans horaire précis. Les antécédents révèlent une stérilité secondaire de 8 ans et une irrégularité du cycle menstruel. Il existe une demi-soeur présentant un goitre. A l'examen somatique, la malade est adynamique, répondant avec lenteur aux questions. Le poids est de 53,3 kg pour une taille de 1,76 m, la pression artérielle à 10,5/7 et le pouls à 60 battements par minute. Les conjonctives sont pâles. Le corps thyroïde est atrophique. Le visage est bouffi, inexpressif ; la peau sèche squameuse, les cheveux secs, la pilosité axillaire absente avec perte de la queue du sourcil alors que celle du pubis reste conservée. Une importante macroglossie remplit la cavité buccale, l'haleine est fétide, les dents cariées. Les examens complémentaires montrent : - un T3 test à 0,18 (N entre 0,21 à 0,36) ; - une thyroxinémie à 1,47 g par 100 ml (N : 5,8 à 10,10) ; - un index de thyroxine libre inférieur à 3 (N : 16 à 47) ; - une scintigraphie impossible du fait d'une courbe de fixation plate (6% à la deuxième heure et 3% à la 48ème heure). Après stimulation par la TSH, il n'y a pas d'image scintigraphique et la courbe de fixation reste abaissée ; - une cholestérolémie à 3,37 g/l ; - un microvoltage avec des ondes T négatives diffuses et concordantes à l'électrocardiogramme ; - une cortisolémie à 310 mmol soit 11,23 g/ml ; - des globules rouges à 3.400.000 avec hémoglobinémie à 9,4 g/100 ml, hématocrite à 32% et valeur globulaire moyenne à 95 microcubes ; - un fer sérique à 168 g/100 ml (N : 60 à 160) ; - des protides totaux à 84 g/l) avec albuminémie bêta : 8,4 g, gamma : 16 g ; - un taux de prothrombine à 100% ; - une glycémie à jeun à 0,85 g/l et une créatininémie à 13 mg/l. Au total : Hypothyroïdie primitive probablement par thyroïdite autoimmune atrophique. Traitement : - Hydrocortisone à 30 mg/jour. - Sorbifer. - Cynomel à dose progressive avec une dose initiale de 1/4 comprimé et atteignant 3 comprimés/jour en 30 jours. Evolution sans aucun incident et nettement favorable : Résolution l'indifférence. Le pouls à 76 battements par minute, le poids baissant de 2 kg après 1 mois de traitement ; en outre, la cholestérolémie se normalise à 1,13 g/l. OBSERVATION N 13 Madame Ta. Di., 37 ans, habitant de la Médina, consulte pour oedèmes des membres inférieurs, bouffissure du visage et asthénie. Le début de la maladie remonte à 3 ans, marquée par une baisse de l'acuité visuelle, des vertiges au moindre effort et une dyspnée importante confinant à l'inactivité. Par la suite s'installe une constipation chronique tenace durant une dizaine de jours ou plus, avec ballonnement abdominal et accompagnée d'une bouffissure du visage et un oedème des membres inférieurs. Enfin apparaissent un amaigrissement important non chiffré, une hypoacousie et une aménorrhée secondaire. Les antécédents ne révèlent rien de particulier chez cette multipare. L'examen somatique retrouve ou un poids de 73,5 kg pour une taille de 1,68 m, une pression artérielle élevée à 17/11 et une tachycardie à 100 battements par minute ; les muqueuses sont décolorées et il existe un discret oedème prétibial bilatéral prenant le godet. Le corps thyroïde n'est pas palpable ; il existe une bradypsychie, une raucité de la voix et une macroglossie. Les bruits du coeur sont assourdis et réguliers, le foie est augmenté de volume sensible et accompagné d'un reflux hépatojugulaire. Enfin, le toucher vaginal ramène des pertes blanches abondantes fétides. Les examens complémentaires révèlent : - une thyréostimulinémie à 275 m U/l (N entre 2 à 8,4) ; - un aplatissement diffus de l'onde T à l'électrocardiogramme ; - une volumineuse cardiomégalie avec un pédicule artériel raccourci et une image en théière à la radiographie ; - une cholestérolémie à 2,05 g/l ; - une triglycéridémie à 2,5 g/l ; - un réflexogramme achilléen allongé à 490 ms ; - une anémie à 10 g/100 ml d'hémoglobine avec 3.800.000 globules rouges à l'hémogramme ; - des protides totaux à 85 g/l avec albuminémie à 45,7 g/l, alpha 1 globuline à 1,1 g/l, alpha 2 à 6,2 g/l, bêta à 8,7 g/l et hypergammaglobulinémie à 25,5 g/l. Au total : 1- Hypothyroïdie périphérique patente d'origine probablement autoimmune atrophique; 2- Hypertension artérielle à 17/11 : 3- Insuffisance cardiaque globale d'origine myxoedémateuse et hypertensive ; 4- Infection génitale. Traitement reçu : Extraits thyroïdiens 5 cg à doses progressives 1/2 comprimé par jour puis 1 comprimé par jour. Evolution Elle est favorable sous traitement après une aggravation de l'insuffisance cardiaque marquée par un épanchement pleural droit au 19ème jour. La ponction pleural retire 1,650 l de liquide jaune riche en protides (59 g/l) mais rivalta négatif. Cette insuffisance cardiaque globale avec épanchement pleural droit de moyenne abondance a régressé complètement après 15 jours de traitement par Furosémide 2 comprimés par jour et Extraits thyroïdiens (5 cg par jour). Après 8 mois, l'hypothyroïdie est équilibrée progressivement avec une dose de un comprimé et demi de thyroxine. La malade est vivace, le poids à 83 kg, le pouls à 80 pulsations par minute, la cholestérolémie à 1,45 g/l, la triglycéridémie à 0,55 g/l. L'hypertension artérielle reste à 17/11 malgré la prise d'un comprimé de chlorothiazide associé à de l'amiloride chaque jour. OBSERVATION N 14 Madame Li. KA, 44 ans, consulte pour oedème et asthénie. L'oedème date de 2 mois siégeant au visage et aux membres inférieurs associés à une augmentation de volume de l'abdomen. Cet oedème est amélioré par le repos et le régime sans sel. Il existe par ailleurs une constipation marquée par une selle tous les cinq jours. Une toux peu productive avec expectoration blanchâtre mousseuse et des palpitations complètent le tableau. Dans les antécédents, on trouve un épisode d'oedème un an auparavant ; il n'existe aucune notion de diabète ni d'obésité ni de dysthyroïdie familiale chez cette femme normalement réglée et multipare. A l'examen, le poids est à 73 kg pour 1,64m, le pouls à 60 battements par minute est régulier, les conjonctives sont pâles, il existe de discret oedèmes mous prétibiaux ; la flèche hépatique est normale ; la pilosité puboaxillaire et sourcilière est quasi absente ; la peau sèche et la voix rauque. Le corps thyroïde n'est pas palpable. Les examens complémentaires révèlent : - à l'électrocardiogramme : un microvoltage diffus avec bradycardie à 60 pulsations/ minute sinusale régulière et sans trouble de la répolarisation ; - au télécoeur : une cardiomégalie en carafe ; - un réflexogramme achilléen allongé à 440 ms (N : 260 à 400) ; - à l'hémogramme, une anémie à 9g/100ml résistant au traitement martial ; - une glycémie à 0,7g/l ;. - des 17 cétostéroïdes à 3,6 mg/24 et des 17 hydroxystéroïdes à 1,4 mg/24 h ; - des protides totaux à 8,1 g/l avec albuminémie à 44% ; alpha 1 globuline à 4%, alpha 2 à %, bêta à 14% et gamma globuline 30% ; - une cholestérolémie à 1,9 g/l ; - une créatininémie à 14,03 mg/l ; - une urée sanguine à 0,40 g/l. Au total : Hypothyroïdie primaire probablement d'origine atrophique autoimmune et révélée par un syndrome oedémateux résolutif sous régime désodé avant hormonothérapie. Traitement reçu Hydrocortisone 20 mg/jour Extraits thyroïdiens 5 cg/jour. Evolution : malade perdue de vue. OBSERVATION N 15 Madame Ya. Gue. ND., 41 ans, sérère, sans profession, consulte pour aménorrhée secondaire depuis 18 ans. Quatre années après une deuxième grossesse, s'est installée une spanioménorrhée accompagnée de douleurs hypogastriques permanentes intenses fébriles et de leucorrhées abondantes blanchâtres. Une aménorrhée secondaire et une frilosité permanente s'associant à une constipation chronique sont apparues quatre années plus tard, suivies dix huit mois après par une bouffissure du visage et des oedèmes des membres inférieurs durant toute la journée. Plus récemment, il s'y est ajouté une dyspnée d'effort ne limitant pas le périmètre de marche, une raucité de la voix, une sensation d'hypoesthésie et d'engourdissement aux plantes des pieds et enfin des vertiges. Dans les antécédents, il existe une stérilité secondaire de 17 ans après la naissance de 2 enfants, il n'y a pas de notion de dysthyroïde ni de diabète familial. A l'examen, le poids est de 72 kg pour 1,58 m, la pression artérielle à 13/8,5, le pouls à 60 pulsations par minute, le visage bouffi, les conjonctives pèles ; la malade est calme et hypoacousique. Le corps thyroïde n'est pas palpable, la peau sèche, les aisselles galabres ; la queue du sourcil absente, la musculature est hypertrophique de type masculin. Le toucher vaginal est douloureux et ramène des pertes blanches fétides. Les examens complémentaires montrent : - une cholestérolémie à 2,6 g/l avec HDL cholestérol à 0,47 g/l; - à la radiographie, une cardiomégalie en théière monstrueuse symétrique ; - à la scintigraphie, après stimulation, la fixation du radioélément paraissant faible, peu homogène et localisée essentiellement au lobe droit ; - une glycémie à 0,7 g/l ; - une créatininémie à 15,7 mg/l. Au total 1- hypothyroïdie primaire probablement d'origine atrophique autoimmune caractérisée par une myopathie hypertrophique sans myotonie ; 2- salpingite chronique ; 3- stérilité secondaire. Traitement - Hydrocortisone : 20 mg par jour durant 30 jours puis - Extraits thyroïdiens (5cg) 1/2 comprimé par jour puis - Thyroxine 2 comprimé et - Avlocardyl 3/4 comprimés par jour (dose atteinte en 8 mois). Evolution favorable après 8 mois : Le poids est à 67,5 kg, le pouls à 80 pulsations par minute sans notion de précordialgie. La cholestérolémie est à 1,80 g/l et le volume du coeur est normal cependant l'aménorrhée persiste. OBSERVATION N 16 Mademoiselle Di. N.D., 20 ans, ménagère est adressée par le service de psychiatrie pour alopécie. Le début remonte à dix ans, marquée par une chute progressive des cheveux. Cette alopécie spontanée ne reconnaît aucun facteur favorisant dermatologique, toxique ou psychologique. Des algies diffuses prédominantes aux muscles dorsolombaires, une asthénie physique permanente et une frilosité s'y associent. Enfin, il existe une constipation chronique faite d'une selle tous les 4 jours et des céphalées insomniantes. Dans les antécédents, on retrouve des règles apparues à l'âge de 16 ans avec un cycle long de 40 jours et l'absence de pilosité axillopubienne. A l'examen somatique, le poids est à 52 kg pour une taille de 1,59m, le pouls est à 60 pulsations par minute, la pression artérielle à 12/8 et les conjonctives sont pâles. Le morphotype est peu féminin avec hypertrophies disgracieuses mais symétriques des masses musculaires paravertébrales, dorsolombaires et scapulaires. Le visage est bouffi et arrondi ; l'élocution lente gênée par une macroglossie modérée. Il existe une rhinite séreuse. Une alopécie diffuse laisse une calotte supérieure sur le cuir chevelu (de 9 cm environ de diamètre), les sourcils sont peu fournis ; la pilosité puboaxillaire est absente. Les organes génitaux externes sont normaux mais il existe une hypomastie relative (seins peu développés sans glande palpable). Le corps thyroïde n'est pas palpable. Les bruits du coeur sont assourdis. Les examens complémentaires montraient : - une thyroxinémie indétectable ; - un iode thyroxinien indosable ; - une thyréostimulinémie à 236 U/ml ( N : 2 et 8,4) ; - une courbe de fixation très basse avec scintigraphie thyroïdienne impossible ; - un réflexogramme achiléen impraticable ; - à l'électrocardiogramme, un microvoltage diffus sans autre anomalie ; - une cholestérolémie à 2,20 g/l avec HDL cholestérol à 0,57 g/l ; - des 17 cétostéroïdes à 0,7 mg/24 heures au dosage statique et 11,20 mg/24 heures après stimulation ; - des 17 hydroxystéroïdes à 0,35 mg/24 heures au dosage statique et 5,20 mg/24 heures après stimulation ; - un taux de F.S.H. supérieur à 25 unités souris ; - une prolactinémie à 390 U/ml ; - une anémie à 7/100 ml d'hémoglobine avec 2.890.000 globules rouges ; - une selle turcique profonde avec pneumatisation des sinus sphénoïdaux et à la tomographie sagittale un agrandissement des contours ; - un examen ophtalmologique normal. Au total Hypothyroïdie patente primaire avec alopécie décalvante et myopathie hypertrophique sans myotonie, hypofolliculénie et hypocorticisme surrénalien probablement deutéropathiques. Traitement - Hydrocortisone (comprimé 10 mg) 20 mg par jour, puis à dose dégressive pendant 8 jours ; - puis Extraits thyroïdiens (comprimés de 5 cg) 1/2 comprimé/jour à dose progressive atteignant 20 cg en 4 mois. L'évolution est marquée par une amélioration de l'hypothyroïdie et notamment de la myopathie avec normalisation du tracé électrocardiographique. L'alopécie n'est pas améliorée. OBSERVATION N17 Madame Fa. Sa., 44 ans, originaire de Saint-Louis, demeurant à la Médina, consulte pour prise de poids, oedèmes et métrorragies. Le début de la maladie remonte à 18 ans marquée par une prise de poids progressive accompagnée d'épisode d'aménorrhée de 2 à 6 mois entrecoupées de ménométroragies durant en moyenne une semaine. Il s'y associe une constipation chronique allant jusqu'à une selle tous les dix jours. Quinze ans après, la voix est devenue progressivement rauque, et sont apparues des algies diffuses des coudes, du rachis cervical, des genoux survenant au repos, exacerbées par l'effort et s'accompagnant d'oedèmes d'allure non inflammatoire siégeant aux genoux et aux dos des mains. Une frilosité et une asthénie matinale confinant progressivement à la sédentarité s'y ajoutent. Depuis 7 ans, une dyspnée d'effort limite le périmètre de marche à 400 mètres. Parfois, des précordialgies à type de coup de poignard surviennent à l'effort, irradiant vers le cou sans atteindre les mâchoires ou le bras gauche et cédant au repos. Les antécédents retrouvent une obésité familiale ; il n'y a pas de notion de dysthyroïdie dans la famille. L'examen somatique montrait une obésité de 97,750 Kg pour 1,61m une pression artérielle à 14/10, un pouls à 80 battements/minute et une température à 372. Les conjonctives sont pâles, la peau sèche, sans être écailleuse, le visage bouffi avec oedème des paupières, des jambes et du dos des mains ; la voix est rauque et s'accompagne d'une dysarthrie avec macroglossie. L'abdomen est ballonné avec une ascite libre sans hépatomégalie. Une douleur abdominale pelvienne diffuse existe, exacerbée au toucher vaginal ; la muqueuse vaginale est sèche, un peu rétrécie et le doigtier revient souillé de pertes fétides. Enfin les réflexes ostéotendineux rotuliens et achilléens sont abolis et il existe un signe du tabouret. Le reste de l'examen somatique est par ailleurs négatif. Au total 1- Hypothyroïdie primaire par atrophie autoimmune probable, compliquée d'une insuffisance cardiaque globale. 2- Salpingite chronique 3- Stérilité secondaire. Evolution et traitement : Malade non revue. OBSERVATION N18 Madame T. T. 48 ans est suivie depuis 5 ans pour : - un diabète métapléthorique dépisté à l'occasion d'un abcès fessier par injection septique, caractérisé par un équilibre instable sous metformine sans complication dégénérative, - et une hypertension artérielle mal contrôlée à 19/12 sous clonidine, papavérine et hydergine. Actuellement, elle présente une constipation chronique faite d'une selle quasi hebdomadaire, ne cédant pas aux laxatifs, et s'accompagnant d'une hypoacousie, d'une raucité de la voix et d'une dyspnée d'effort sans limitation du périmètre de marche. Les antécédents retrouvent en l'absence de macrosomie foetale sur 9 enfants vivants une notion de mère diabétique et d'obésité familiale. A l'examen, le poids est à 81 Kg pour 1,60m, la pression artérielle à 17/10, les conjonctives pâles, le visage bouffi. Il existe une alopécie sourcilière et puboaxillaire ; les bruits du coeur régulier à 64 battements par minute sont assourdis le corps thyroïde n'est pas palpable. Les examens complémentaires montraient : - un réflexogramme allongé "ininterprétable" ; - une cholestérolémie à 3,5 g/l et un HDL cholestérol à 1,15 g/l; - à l'électrocardiogramme, un aspect S1Q3, un bas voltage diffus très important, une onde T négative et symétrique en D3 et AVF ; - une glycémie à 1,30 g/l et post prandiale à 3,3 g/l ; - un test de stimulation à la TSH négative ; - l'hémogramme, l'uricémie, la créatininémie, l'azotémie, l'albuminémie sont dans les limites de la normale. Au total 1- Diabète métapléthorique ancien mal équilibré ; 2- Hypothyroïdie primaire patente probablement par atrophie thyroïdienne autoimmune; 3- Hypertension artérielle modérée. Traitement : Mis en route après hospitalisation Hydrocortisone 10 mg/jour Extraits thyroïdiens 1 cg/jour augmentés progressivement jusqu'à 10 cg/jour au 2ème mois Avlocardyl 80 mg/jour Régime diabétique et arrêt biguanides. Evolution : Après deux mois de traitement on ne note aucune plainte mais - le diabète est passablement équilibré avec une glycémie à jeun à 1,95 g/l et post prandiale à 1,88 g/l ; - l'hypothyroïdie s'améliore progressivement avec infiltration cutanée moins importante, raucité de la voix atténuée et bruits du coeur bien frappés. - Enfin l'hypercholestérolémie d'origine mixte est à 2,85 g/l avec cholestérol HDL à 0,86 g/l et rapport cholestérol total/cholestérol HDL à 3,3. OBSERVATION N 19 Madame Fa. Ya., 65 ans, originaire de Tivaouane, consulte pour constipation chronique. La constipation remonte à plus de 8 ans et se caractérise par une opiniâtreté allant jusqu'à un mois sans exonération et par l'absence de douleur abdominale. Cette constipation ayant motivé des consultations chirurgicales pour syndrome pseudo-occlusif s'associe à une hypoacousie importante, une lenteur de l'élocution. Récemment une asthénie est apparue sous traitement hormonal et s'accompagnant d'une polyuropolydipsie sans modification pondérale ni trouble de l'appétit. Les antécédents retrouvent une hypertension artérielle depuis 20 ans, un poids maximum de 90 kg, l'existence d'une hyperthyroïdie connue chez un des fils et l'absence de notion de diabète dans la famille. A l'examen, le poids est de 85,8 kg pour 1,72 m, le pouls à 57 pulsations par minute, la pression artérielle à 16/9 ; les conjonctives sont pâles, le visage bouffi ; la queue du sourcil et la pilosité axillaire sont absentes. L'évolution est lente avec dysarthrie et macroglossie ; la malade est bradypsychique et bradykinétique ; il existe une aréflexie ostéotendineuse des membres inférieurs. Les examens complémentaires montrent : - une hypercholestérolémie à 3,44 g/l avec CHDL à 2,26 g/l, CHDL/CT à 0,73 ; - une triglycéridémie à 1,73 g/l et des lipides totaux à 13,2g/l ; - une anémie à 8,7 g d'hémoglobine avec globules rouges à 3.590.000, hématocrite à 27%, valeur globulaire à 76 microns 3 avec numération et formule blanche normale ; - une sidérémie à 52 g/100 ml ; - à l'électrocardiogramme, une bradycardie sinusale à 65 battements par minute, un bas voltage diffus et inversion sur l'onde T, surtout le précordium asymétrique en V1 V2 V3 AVL et V6 ; - des 17 cétostéroïdes à 3 mg/24h ; - des 17 hydroxystéroïdes à 0,5 mg/24h ; - des protides totaux à 87 g/l sans dysglobulinémie (albuminémie à 48 g/l, alpha 1 globuline à 1, g/l, alpha 2 à 7,6 g/l, bêta à 9,1 g/l, gamma à 20,4 g/l) ; - une glycémie à jeun à 3,10 g/l avec post prandiale à 2,74 g/l et glycosurie des 24 heures à 22,9 g ; - une acuité visuelle à 4/10 à l'OD et 8/10 à OG ; - au fond d'oeil une rétinopathie au stade I ; - à la lampe à fente une cataracte en cavalier évoluant vers le centre du cristallin ; - la créatininémie à 11 mg/l ; - l'uricémie à 62 mg/l. Au total 1- Hypothyroïdie périphérique thyroïdienne d'allure atrophique auto-immune ; 2- diabète pléthorique compliqué de cataracte en cavalier, de polynévrite hyporéflexique des membres inférieurs ; 3- Hypertension artérielle à 16/9 ; 4- Rétinopathie au stade I mixte hypertensive et diabétique ; 5- Ischémie sous épicardique antéroseptale et latérale haute latente. Traitement Glucophage R* associé au Diamicron* (3/2 comprimés) (2 comprimés). Extraits thyroïdiens 10 cg/jour. Evolution après onze années de traitement : - l'hypothyroïdie est restée passablement équilibrée comme l'atteste le pouls à 64 pulsations par minute ; - le diabète n'a pu être équilibré sous traitement oral et a nécessité une insulinothérapie qui maintient la glycémie à jeun à 1,80 g/l ; - l'hypertension artérielle est stationnaire à 16/9 alors que l'hypercholestérolémie reste élevée à 2,80 g/l ; - enfin les autres complications n'ont pratiquement pas évolué. OBSERVATION N 20 Madame Kha. LE., 39 ans, après avoir subi une lobectomie en 1969 pour goitre multinodulaire remontant à 1965, consulte en 1973 pour récidive d'un goitre. Elle présente des palpitations, une dyspnée sans limitation du périmètre de marche, une asthénie physique intense avec hypoacousie et frilosité. Il n'y a pas de troubles du transit intestinal; la voix est devenue un peu rauque ; il existe une dysphagie aux aliments solides et une notion de prise de poids non chiffrée. Dans les antécédents, en dehors d'une multiparité, il existe une notion de goitre chez une tante et chez 2 petites soeurs. A l'examen, le poids est à 4 kg pour 1,67 m ; la pression artérielle à 11/6,5, le pouls à 80 battements par minute. Le corps thyroïde est très augmenté de volume au niveau du lobe gauche et de l'isthme comportant plusieurs nodules de taille variable, de consistance ferme, mobile par rapport à la peau et au plan profond et à la déglutition sans aucun caractère vasculaire. Les bruits du coeur sont assourdis et le reste de l'examen est normal. Les examens paracliniques révèlent : - une thyroxinémie à 4,8 g/100 ml ; - une iodémie thyroxinienne à 3,1 g/100 ml ; - un goitre multinodulaire hétérofixant à la scintigraphie thyroïdienne ; - un réflexogramme dans les limites de la normale ; - un laminage et un refoulement à droite de la trachée sans calcification à la radiographie du cou ; - une cholestérolémie normale à 1,87 g/l avec HDL cholestérol à 0,61 g/l ; - une hémoglobinémie à 11,2 g/100 ml avec 3,9 millions de globules rouges, hématocrite à 36% , formule blanche normale et sidérémie à 55 g/100 ml ; - un électrocardiogramme normal ; - une prolactinémie à 119 U/l ; (N entre 102 et 435) ; - des 17 cétostéroïdes à 3,55 g/24 heures et des 17 OH corticoïdes à 0,75 g/24 heures ; - une selle turcique normale à la radiographie ; Au total : Hypothyroïdie post thyroïdectomie pour goitre hétéromultinodulaire compliqué de compression oesotrachéale. Traitement : Extraits thyroïdiens 5 cg : 1 comprimé par jour intervention chirurgicale selon protocole suivant : - "Cervicotomie en cravate de Kocher qui met en évidence un énorme lobe gauche refoulant la trachée à droite et ne retrouve pas de lobe droit absent. - Exérèse de cette masse polylobée en laissant sur place le seul tissu thyroïdien situé eu sommet du lobe et à la base. Les suites opératoires ont été simples : L'évolution est marquée par un traitement irrégulier et un mauvais équilibre de l'hypothyroïdie comme en témoigne le poids à 92 Kg malgré le pouls normal à 84 battements / minute après un suivi de 2 mois et demi. OBSERVATION N 21 Madame R.H., libanaise de 60 ans est hospitalisée pour asthénie, amaigrissement et ballonnement abdominal. Le début remonte à quatre ans marqué par une fatigue lors des déplacements et des lombalgies mis sous le compte d'une ostéoporose et traités au calcium. Au cours de ce traitement, apparaissent une bouffissure du visage, un ballonnement abdominal avec sensation de pesanteur et suffocation en position assise ou couchée. En outre, une anorexie, un amaigrissement et une asthénie s'y ajoutent. Les antécédents ne montrent rien de particulier. L'examen clinique retrouve un poids à 52 Kg, pour une taille de 1,50m, une pression artérielle à 16/9, une bradycardie à 64 bts par minute et des bruits du coeur assourdis. Le corps thyroïde n'est pas palpable. Les réflexes ostéotendineux rotuliens sont abolis avec hypotonie musculaire généralisée et la mobilisation des genoux est douloureuse. Les examens complémentaires montrent : - une thyroxinémie totale à 11,5 g/100ml (N: 5,5 et 11,5) ; - un T3 test à 28% (N : 25 à 35%) ; - ITL à 3,2 (N : 1,5 à 3,4) ; - T3 radioimmunologique à 0,5 g/100ml (N: 0,6 à 2) ; - une courbe de fixation basse (9% à H2, 9,5% à H6, 9% à H24) ; - une glande thyroïde de taille normale mais peu active à la scintigraphie ; - un réflexogramme achilléen normal ; - une cholestérolémie à 2g/l avec triglycéridémie à 1,9g/l ; - au télécoeur, une cardiomégalie globale ; - à l'électrocardiogramme, un bloc auriculo-ventriculaire du 1er degré ; - hémogramme normal ; Au total : - Hypothyroïdie périphérique probable fruste d'allure autoimmune. - Ostéoporose commune. Traitement : Extraits thyroïdiens 1cg par jour. Evolution favorable : poids à 49 Kg et pouls à 80 bts/mn. OBSERVATION N22 Madame D. M., originaire de Thiès, âgée de 40 ans est hospitalisée pour suspicion d'hypothyroïdie. Le début remonte à cinq mois marqué par une asthénie, des céphalées, des Bourdonnements d'oreille et des crampes musculaires. Il s'y associe des larmoiements, une dysarthrie, une sensation de plénitude du visage et une constipation allant jusqu'à 10 jours. Par la suite, sont apparues des régurgitations avec éructations et enfin des ronflements nocturnes. Les antécédents ne révèlent rien de particulier en dehors d'une multiparité. L'examen clinique retrouve une hypotension artérielle à 8,5/6 une bradycardie à 76 avec assourdissement des bruits du coeur, le visage un peu bouffi, une dépilation de la queue du sourcil et une macroglossie. Il n'y a pas de goitre. Les examens complémentaires révèlent : - une thyroxinémie à 0,6 g/100ml (N : 5,5 à 11,5) ; - une iodémie throxinienne à 0,390 g/100ml (N : 3,5 à 7,5) - une courbe de fixation faible (4% à H3, 3% à H6, 1% à H24) et ne permettant pas de tracé scintigraphique. - une hypercholestérolémie à 3,4 g/l avec lipidémie à 15 g/l ; - un hémogramme normal et une protidémie à 8,1 g/l. Au total Hypothyroïdie probablement périphérique autoimmune atrophique. Traitement reçu : - Hydrocortisone 15 mg/jour pendant 8 jours - Extraits thyroïdiens 3 cg/jour pendant 10 jours puis 5 cg les jours suivants. OBSERVATION N23 Monsieur G. N., 62 ans, lébou, cultivateur, est hospitalisé pour toux, dyspnée et oedème des membres inférieurs. Le début de la maladie est difficile à dater marquée par des oedèmes des membres inférieurs et de la face associés à une surdité bilatérale, une constipation chronique et ne frilosité. Il s'y ajoute une toux spasmodique avec expectoration banale et une dyspnée avec douleur basithoracique droite. Enfin il existe des algies diffuses des membres inférieurs, de l'épaule droite et du rachis lombaire sans caractère inflammatoire. L'examen clinique montre une pression artérielle à 16/11, un pouls à 56 battements par minute, une température à 365 et un poids à 60 Kg, il n'y a pas d'anémie. La voix est rauque, la peau est sèche squameuse, avec oedème des membres inférieurs prenant le godet et bouffissure du visage prédominant aux paupières. Au lobe gauche de la thyroïde siège un nodule non inflammatoire de la taille d'une noix et mobile avec la déglutition. Le choc de pointe n'est pas palpable, les bruits du coeur sont assourdis, réguliers avec un rythme à 56 battements par minute sans bruits surajouté S. A l'hémothorax droit et à la base pulmonaire gauche siègent des râles bronchiques. Il existe un foie cardiaque sans ascite. La denture est défectueuse. Il existe une volumineuse hernie inguinale droite de la taille d'un pamplemousse expansive à la toux et réductible avec un orifice herniaire de 4 à 5 cm et un col herniaire normal. Les examens complémentaires montraient : - une thyroxinémie indétectable ; - un T3 test à 19,2% (N : 22 à 32) ; - un index de thyroxine libre incalculable ; - une iodémie thyroxinienne indétectable ; - un TSH sérique élevé à 11,2 g/ml (N inf. à 20); - une fixation du radio nulle et une scintigraphie thyroÏdienne irréalisable ; - un réflexogramme achilléen allongé à 400 ms ; - une cholestérolémie à 2,10 g/l ; - une énorme cardiomégalie en théière symétrique avec disparition de l'espace rétrocardiaque et une discrète scissurite droite apicolobaire au cliché thoracique ; - à l'électrocardiogramme, le rythme est sinusal, régulier à 56 battements par minute avec hémibloc postérieur gauche, bloc de branche droit incomplet, une hypertrophie ventriculaire droite, un microvoltage diffus et des ondes T aplaties diffuses à tout le précordium ; - à la ponction du nodule cervical antérieur thyroïdien, une absence de pus, de rares polynucléaires, des amas ressemblant à des globules de graisses (cytologie N2910 Mme DOREMUS), des tissus nécrobiotiques aseptiques avec de nombreuses cellules spumeuses au frottis (anapath : N B. 365/81. P. D. NDIAYE) et enfin un examen bactériologique négatif (N L 120 2P) ; - une hémoglobinémie à 11 g/100ml et un hématocrite à 32% avec 3.400.000 globules rouges et une formule blanche normale, une vitesse de sédimentation accélérée ; - une glycémie et une azotémie normales. Au total : 1- Hypothyroïdie périphérique probablement par thyroïdie atrophique compliquée d'un coeur myxoedémateux avec bloc de branche droit incomplet et hémibloc postérieur gauche ; 2- hernie inguinale droite non compliquée. Traitement : Traitement déplétif par régime désodé et diurétique pendant 15 jours puis Extraits thyroïdiens 5 cg. Evolution : après 15 jours de traitement diurétique, l'oedème cardiaque a disparu, laissant un myxoedème patent ayant évolué favorablement avec au contrôle hormonal après trois mois et demi: T4 : 4,2 g/100 ml (N : 5,5 à 11,5); Iode thyroxinien : 2,7 g/100 ml (N : 3,5 à 7,5); Thyréostimulinémie : 9 ng/ml (N : 0,4 à 1). OBSERVATION N 24 Mademoiselle Di. Di., 21 ans, est admise pour douleurs abdominales. Les douleurs abdominales remontent à quatre ans, siégeant à l'hypogastre irradiant aux flancs et ont un horaire nocturne. En outre, il existe une frilosité s'accompagnant d'asthénie physique permanente. Les antécédents révèlent une notion de goitre et de nanisme chez le grand-père naturel. A l'examen, la température est à 36, le pouls à 80 battements/mn, le poids à 30 kg pour 1,30 m, la peau est sèche. Il existe un goitre asymétrique multinodulaire débordant à gauche, mobile à la déglutition non douloureuse, ferme, de la taille d'une mandarine, non vasculaire et non inflammatoire. Enfin, il n'y a pas de pilosité pubienne, la vulve est atrophique avec des leucorrhées purulentes tandis que l'hypogastre est douloureux mais sans défense à la palpation. Les examens complémentaires montraient : - une thyroxinémie à 1,5 g/100 ml (N : 5,5 à 11,5) ; - une iodémie thyroxinienne à 1,0 g/100 ml (N :3,5 à 7,5) ; - une triiodothyronine à 1,25 ng/ml (N : 0,6 à 2) ; - une courbe de fixation normale avec un taux de 17% à la 3ème heure, 33% à la 6ème heure et 50% à la 24ème heure ; - l'hémogramme normal ; - un fer sérique à 80 mg/100 ml ; - une protidémie à 8,3 g/100 ml avec albuminémie à 34%, alpha 1 globuline à 3%, alpha 2 à 13%, bêta à 10%, gamma à 40% ; - une glycémie à 0,95 g/l et une azotémie à 0,20 g/l. Au total : 1- Hypothyroïdie due à un goitre multinodulaire et compliquée de nanisme ; 2- Salpingite chronique probable. Evolution : malade évadée. En habilitation académique par El Hassane Sidibe ctr M.Sankale medina Dakar senegal ;Roland r. tremblay[CHU Quebec ,Laval,CA] ;Roger CL Guillemin[Salk Institue, la Jolla,USA] Anthropologie panoramaique de la glande thyroïde Mars 2016 I : la dose substitutive adéquate évaluée par 92 tests au Trh (Irma) s’avère être 111,84 +/- 0,53 microg/m²/J de LT4 maintient le ∆ Tsh entre 4 et 20 microUI/ml. La boucle in utero de la T3 inverse réalise une anti-apoptose, pro-inflammatoire, pro-facteur de croissance tumorigène avec dépression de la respiration mitochondriale et stimulation réactionnelle nucléaire .De façon transgénérationnelle, la Trh interagit avec les récepteurs rétinoïdes et PPAR gamma et la T3 inverse qui a des effets anti-apoptotiques, pro-inflammatoires, et pro-facteurs de croissances tumorigènes, à quoi s’oppose la T3 L et/ou l’acide ascorbique pro-apoptotique anti-inflammatoire anti-facteurs de croissances anti-tumorigène via la respiration mitochondriale et les récepteurs des hormones thyroïdiennes Il existe un effet pro-apoptotique et anti-inflammatoire eu métabolisant de la T3 et/ou de l’acide ascorbique in utéro : II : M. S.T., 37 ans, habitant la région du Cap-Vert, est hospitalisé le 22 mars 1983 pour dyspnée d’effort et oedèmes généralisés.L’aspect et la disproportion entre l’âge et la taille du malade, le pouls à 39, la température à 36°, un psychisme juste passable associé à un nanisme disharmonieux nous ont orientés vers une affection thyroïdienne. L’examen clinique et paraclinique mettent en évidence une insuffisance cardiaque globale (ICG), avec un choc de pointe non visible ni palpable, une augmentation de l’aire de la matité cardiaque, des bruits du cœur assourdis et réguliers, un gros foie cardiaque avec reflux hépato-jugulaire un bas voltage généralisé à l’examen électrocardiographique et un gros cœur en « théière » à la radiographie. Il s’agit là d’un épanchement péricardique avec décompensation cardiaque globale. La peau est ouverte de xanthomes multiples[Pr.Birame Diop-Hald]. Le malade est aussi porteur d’une hernie de la ligne blanche sus ombilicale. Après confirmation biologique de l’hypothyroïdie suspectée cliniquement, il a été mis sous opothérapie progressive. Après un mois de traitement, nous assistons à une amélioration spectaculaire de l’ICG et à la disparition des xanthomes cutanés. Le bilan radiologique de notre malade nous a permis de mettre en évidence une ostéopathie hypothyroïdienne, de multiples calculs des voies urinaires cliniquement latents et une néphrocalcinose.[Pr. Yacouba Issagha Toure-Necker en affiliation]La recherche de l’étiologie de ces multiples calculs radio opaques nous révèle l’existence d’une acidose métabolique avec fonction rénale normale, sans trou anionique et d’une hypercalcémie.Une douleur persistante de l’hypochondre droit dans ce contexte nous a fait suspecter la possibilité d’une lithiase vésiculaire qui a été confirmée par l’échographie et la cholécystographie[Pr.Mamadou Lamine Diouf-Hald] Avant traitement Après 3 mois d’opothérapie 1984 Calcémie 114 mg/l 95 mg/l 109 mg/l Calciurie 107 mg/l 100 mg/l - Auto-anticorps anti-thyroglobuline Positif au 1/80 [Pr.J.-F. Bach-Necker,Paris] - - Auto-anticorps anti –microsomaux Positif au 1/100 [Pr.J.-F. Bach,Necker,Paris] - - 17 OH CS 2,95 mg/24 h (N = 3-8) - - 17 cétos 3,85 mg/24 h (N = 10-30 - - Glycémie 0,80 g/l 0,90 g/l 0,70 g/l Créatininémie 10 mg/l 12 mg/l 10 mg/l Réserve alcaline 7,9 mEq 9,5 mEq 2,16 mEq Fixation /1321 Nette hypofixation - - PTH 23 mg/l (N = 20-45) - - 25 OHD 14,8 ng/l (N = 5-30) - - Réflexogramme achilléen 310 ms - - Echographie Thyroïde en place. Lithiase vésiculaire - - Lipides totaux 10 g/l 7 g/l 8 g/l Chlestérol 2,60 g/l 1,70 g/l 1,65 g/l T3 test Normal - - TSH 189 mU/l - - Thyroxine totale T 19 nmol/l (N = 80-140) Valeurs Normales - TTL T4 libre 3 µg/dl (N = 14-45) - II:Deux interventions chirurgicales successives ont permis d’extraire les calculs urétéraux calciques (cinq à gauche, deux à droite) et le calcul vésiculaire cholestérolique, et de faire la cure de la hernie ombilicale.Au cours de l’intervention sur les voies biliaires, le chirurgien [Pr.Baye Assane Diagne-Hald]découvre fortuitement un « kissing ulcer » du bulbe duodénal pour lequel il pratique une vagotomie tronculaire.Les suites opératoires Vous aimez cette page ? Partagez-la !
Mon message
En respectant les règles, je participe librement et gratuitement à cette discussion :
Discussions similaires
Demandes similaires
|
Quelle est votre demande ?
|
||
|
|
|||